Make ou Zapier : lequel pour automatiser une TPE ou une PME ?
Zapier a démocratisé l'automatisation sans code. Make l'a rendue capable de logique complexe. Les deux connectent vos outils, mais ils ne visent pas le même type de flux, et ils ne se facturent pas sur la même unité. Choisir le mauvais coûte soit du temps de mise en place, soit une facture qui dérive.
Zapier pour des automatisations linéaires, mises en place vite, par une personne non technique.
Make dès que la logique se ramifie : conditions, boucles, traitement de listes, agrégation de données.
Le critère n'est pas le nombre de connecteurs. C'est la forme de votre flux.
Comparatif en un coup d’œil
| Critère | Make | Zapier |
|---|---|---|
| Unité de facturation | L'opération, c'est-à-dire un module exécuté | La tâche, c’est-à-dire une action réussie |
| Logique conditionnelle | Native et visuelle : routeurs, filtres, itérateurs | Possible, moins naturelle |
| Traitement de listes | Itérateurs et agrégateurs natifs | Limité |
| Lisibilité du flux | Schéma visuel, plus dense, plus puissant | Séquence linéaire, très simple à lire |
| Courbe d'apprentissage | Une à deux journées pour être autonome | La plus douce du marché |
| Catalogue de connecteurs | Large, plus un module HTTP générique | Le plus large |
| Coût quand le volume monte | Croît, mais généralement moins vite à logique égale | Croît vite |
| Gestion des erreurs | Plus fine, avec routes d'erreur dédiées | Correcte |
| Travail à plusieurs | Espaces partagés, historique détaillé | Partage simple, historique plus succinct |
| Reprise par un tiers | Scénario lisible visuellement | Enchaînement linéaire, vite long |
| Réversibilité | Export du scénario | Export limité, reconstruction fréquente |
Ce que ça coûte, au prix d’entrée
Relevé le 17/09/2026 sur la page tarifs de chaque éditeur. Les prix changent : la date compte autant que le chiffre.
| Make | Zapier | |
|---|---|---|
| Formule d’entrée | Core | Professional |
| Prix affiché | 9 $ par mois, facturation annuelle | 19,99 $ par mois en annuel, 29,99 $ en mensuel |
| Ce que ça inclut | 10 000 crédits par mois. Plan gratuit limité à 1 000 crédits | 750 tâches par mois. Plan gratuit limité à 100 tâches |
| Source | Page tarifs ↗ | Page tarifs ↗ |
Et avec nous
La mise en place, la reprise d’un existant et la maintenance par nous : périmètre écrit avant de commencer, devis ferme après cadrage. Le détail des formules est sur la page tarifs.
Ce que dit notre expérience
La question que nous posons avant de choisir n'est pas « combien d'outils faut-il connecter » mais « quelle est la forme du flux ». C'est elle qui décide, pas le catalogue de connecteurs.
Un flux linéaire, du type formulaire vers CRM vers notification, tient parfaitement chez Zapier. Votre équipe le maintiendra seule, et c'est un vrai critère.
Dès qu'apparaît une condition métier, le calcul change. Prenons un flux qui, à la signature d'un devis, doit vérifier si le client existe déjà, créer ou mettre à jour sa fiche, générer une tâche par ligne du devis, puis notifier une personne différente selon le montant. Chez Zapier, cela se traduit par plusieurs Zaps chaînés, difficiles à lire et à reprendre six mois plus tard. Chez Make, c'est un seul scénario avec deux routeurs et un itérateur, lisible d'un coup d'œil sur le schéma.
Cette lisibilité n'est pas un confort esthétique, c'est ce qui décide de la maintenabilité. Un flux que le client ne comprend plus est un flux qu'il nous rappellera pour la moindre modification. C'est la raison pour laquelle nous partons directement sur Make dès qu'une règle conditionnelle est présente au cadrage : la migration ultérieure coûte plus cher que le léger surcoût initial.
Tâche contre opération : la différence qui décide de la facture
C'est le point que presque personne n'explique, et c'est celui qui compte.
Zapier compte une tâche par action réussie. Un Zap qui reçoit un formulaire et crée une fiche dans votre CRM consomme une tâche. Simple à anticiper.
Make compte une opération par module exécuté. Le même flux, s'il passe par un filtre, une recherche, une mise en forme puis une création, consomme quatre opérations. Le compteur monte donc avec la complexité du scénario, pas seulement avec le nombre de déclenchements.
Cela donne une règle contre-intuitive. Sur des flux simples et nombreux, Zapier est souvent plus lisible en coût. Sur des flux complexes, Make coûte plus d'opérations par exécution, mais permet de faire en un seul scénario ce qui demanderait plusieurs Zaps chaînés, et le total penche généralement en sa faveur. Sur des flux qui traitent des listes, Make gagne largement : un itérateur qui traite cent lignes reste un scénario, là où l'équivalent chez Zapier devient vite coûteux ou impossible.
La seule façon honnête de trancher : prendre vos trois flux réels, les dessiner, compter. C'est vingt minutes de travail et cela évite une mauvaise surprise au trimestre suivant.
La conséquence pratique est contre-intuitive : le scénario le plus coûteux n'est pas le plus complexe, c'est celui qui traite le plus de lignes. Un enchaînement de trois étapes déclenché 1 000 fois par jour pèsera toujours plus lourd qu'un scénario de vingt étapes déclenché dix fois. C'est la première chose à vérifier avant d'estimer un budget d'automatisation, et c'est presque toujours celle qu'on regarde en dernier.
Quand la logique se ramifie, Make prend l'avantage
La plupart des automatisations commencent simples et se complexifient. Quand un devis est signé, crée le projet. Puis : sauf si le client existe déjà. Puis : et si le montant dépasse 10 000 euros, notifie le responsable. Puis : et crée une tâche par ligne du devis.
À la troisième condition, un Zap devient difficile à lire et à maintenir. Chez Make, ces règles sont des routeurs et des filtres posés visuellement sur le schéma. Vous voyez le flux, vous voyez les branches, vous comprenez ce qui s'est passé quand ça casse.
Cette lisibilité n'est pas un confort esthétique. C'est ce qui détermine si vos équipes pourront maintenir le flux sans nous rappeler.
Le seuil se repère facilement. Tant que le flux se lit comme une phrase, « quand ceci arrive, fais cela, puis cela », les deux conviennent et le plus simple gagne. Dès qu'il faut écrire « sauf si », « pour chacun des éléments » ou « en attendant que », la représentation visuelle cesse d'être un confort et devient une nécessité.
Ce n'est pas une question de puissance brute : les deux savent traiter des cas complexes. C'est une question de relecture. Un flux qu'on ne peut plus relire est un flux qu'on ne corrigera pas, et une automatisation qu'on ne corrige pas finit par être contournée à la main.
Gestion des erreurs et reprise sur incident
Une automatisation en production sans alerte n'est pas terminée. C'est vrai des deux côtés, avec un niveau de finesse différent.
Zapier signale les échecs, permet le rejeu et l'historique. Suffisant pour des flux simples. Make permet de définir des routes d'erreur par module, avec reprise, mise en attente ou notification ciblée. Vous décidez du comportement pour chaque point de rupture.
Dans les deux cas, la règle que nous appliquons est identique : tout flux en production a une alerte en cas d'échec, et un responsable identifié qui la reçoit. Sans cela, une automatisation cassée reste invisible jusqu'à ce qu'un client s'en plaigne.
Le point à cadrer avant de construire n'est pas technique, il est opérationnel : qui est prévenu quand une automatisation échoue, et sous quel délai ? Une automatisation silencieuse qui tombe un vendredi soir produit des données incomplètes tout le week-end, et personne ne le découvre avant que le client ne le signale.
Notre exigence sur ce type de projet : toute automatisation qui touche un client ou une facture doit lever une alerte visible par un humain, pas seulement une ligne dans un journal que personne n'ouvre.
Ce que coûte vraiment une automatisation, au-delà de l'abonnement
Nous ne publions pas de montants ici : les grilles évoluent trop souvent pour rester justes, et un tarif faux dans un comparatif décrédibilise le reste de la page. La mécanique, elle, est stable et suffit à décider.
Les deux facturent au volume traité, avec des paliers. Le coût suit donc le nombre de déclenchements et le nombre d'étapes exécutées, pas le nombre de scénarios créés. Une automatisation rarement déclenchée ne coûte presque rien, même si elle est sophistiquée.
À cet abonnement s'ajoutent deux postes que personne ne budgète. Le temps de conception d'abord, qui est ponctuel. Le temps de surveillance ensuite, qui est récurrent : quelqu'un doit vérifier que les flux tournent, traiter les échecs et adapter les scénarios quand un outil connecté change son interface.
Ce second poste est celui qui décide de la rentabilité réelle. Une automatisation qui fait gagner deux heures par mois et qui en demande une de maintenance n'est pas un gain, c'est un déplacement de charge.
Reprise, documentation et dépendance à celui qui a construit
C'est le risque le plus fréquent sur ces projets, et il n'apparaît jamais dans les comparatifs de fonctionnalités.
Une automatisation est du logiciel écrit par quelqu'un. Si cette personne part, ce qui reste est un enchaînement d'étapes sans commentaire, dont l'intention doit être devinée. Sur un scénario visuel, cette relecture est pénible mais possible. Sur un enchaînement linéaire de trente étapes, elle revient souvent à reconstruire.
Notre règle sur ce type de livrable : chaque scénario porte un nom explicite, une description de ce qu'il fait et de ce qui se passe s'il échoue, et la liste des outils qu'il touche. Cela prend dix minutes à la construction et fait la différence entre une automatisation qui survit à un départ et une qui meurt avec.
La question à poser avant de choisir l'outil est donc celle-ci : dans un an, qui ouvrira ce scénario, et comprendra-t-il ce qu'il regarde ?
Lequel choisir selon votre situation
Une TPE qui démarre, avec quelques automatisations simples entre des outils courants et personne de technique en interne : Zapier. La mise en route est plus directe, le vocabulaire plus accessible, et à ce volume la facturation à la tâche reste avantageuse.
Une PME qui monte en charge, avec des flux qui traitent des listes, des conditions et plusieurs centaines de déclenchements par jour : Make. La facturation à l'opération devient plus favorable dès que le volume grimpe, et la représentation visuelle reste lisible là où l'enchaînement linéaire devient illisible.
Une équipe qui internalise, avec quelqu'un capable de maintenir les scénarios et l'intention de couvrir des processus métier complets : Make également, pour la lisibilité et la reprise. C'est aussi le moment où la question d'un outil auto-hébergé se pose sérieusement, pour des raisons de coût au volume et de maîtrise des données.
En cas d'hésitation à volume faible, commencez par le plus simple. Migrer trois scénarios est un après-midi ; migrer trente est un projet.
Questions fréquentes
Cela dépend du volume, pas du prix affiché. Zapier facture à la tâche, Make à l'opération, et un scénario de huit étapes consomme huit opérations à chaque passage. À faible volume Zapier reste souvent avantageux ; l'écart s'inverse quand les déclenchements se multiplient.
Pas automatiquement. Les scénarios se reconstruisent, ce qui est l'occasion de les simplifier plutôt que de les recopier. Comptez un après-midi pour trois automatisations simples, et un vrai projet au-delà de vingt. C'est un argument pour trancher tôt.
Les deux catalogues couvrent les outils courants, et la question du nombre total est rarement décisive. Ce qui compte est la profondeur du connecteur dont vous avez besoin : deux plateformes peuvent proposer le même outil avec des actions très différentes. À vérifier au cas par cas.
Non pour l'essentiel des usages, oui pour les cas particuliers. Manipuler des dates, transformer une liste ou nettoyer un texte finit par demander une expression, voire un petit bloc de code. Les deux le permettent, Make l'assume davantage dans son interface.
C'est la troisième voie : un outil que vous pouvez auto-héberger, ce qui change la mécanique de coût et la maîtrise des données. Il demande en contrepartie une compétence technique disponible. Nous le comparons à Make dans une fiche dédiée.
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